28 janv. 2026

Gouvernance, décisions, cohérence : le rôle du CNEC aujourd’hui [institution] - 236

« Le CNEC, c’est l’architecte de l’enseignement catholique. »


Portrait Franck Taleu

Dans cet épisode de Leaders dans l’Enseignement Catholique, Franck Taleu nous aide à mieux comprendre le rôle et les missions du CNEC, une instance centrale, souvent évoquée mais encore mal connue des chefs d’établissement.

Qu’est-ce que le CNEC, pourquoi a-t-il été créé et comment fonctionne-t-il concrètement ? Quelle place occupe-t-il dans la gouvernance partagée entre le niveau national, les territoires et les établissements ? Comment contribue-t-il à construire une parole commune, fidèle au projet éducatif chrétien, dans un contexte parfois sensible ?

Un épisode pour prendre de la hauteur, mieux comprendre les enjeux institutionnels de l’enseignement catholique et exercer sa mission de chef d’établissement avec plus de clarté et de cohérence.

Retrouvez les textes statutaires :

19 janv. 2026

Chacun à sa place, tous au service de l’élève

Des mains d’adultes disposées en cercle autour de pièces de puzzle sur une table en bois, symbolisant la coopération, l’alliance éducative et la complémentarité des acteurs au service de l’élève dans l’enseignement catholique.


Les relations entre un chef d’établissement et l’APEL peuvent être, selon les contextes, un formidable levier de cohésion… ou une source de tensions répétitives. La différence tient rarement aux personnes “en elles-mêmes”. Elle tient surtout au cadre posé, à la clarté des rôles, et à la manière dont on fait vivre ce qu’on appelle l’alliance éducative.

Quand on parle d’alliance éducative, on parle d’une conviction simple : l’éducation d’un enfant fonctionne mieux quand l’école, la famille et l’élève avancent ensemble, avec confiance, sur une ligne commune. Dans l’enseignement catholique, cette perspective est explicitement formulée dans la Charte éducative de confiance : les parents sont les premiers éducateurs, et l’école a besoin d’un dialogue régulier et d’attitudes réciproques (écoute, respect, bienveillance, vérité) pour que l’enfant grandisse dans un climat sécurisant.

Mais pour que cette alliance ne reste pas un beau slogan, elle doit se traduire en “architecture relationnelle” très concrète, où chacun est à sa juste place. Le chef d’établissement n’a pas à “faire plaisir” à l’APEL ; l’APEL n’a pas à “piloter” l’établissement. Et pourtant, ils doivent agir ensemble, de manière complémentaire, au service des élèves.

Partir d’une base solide : le cadre, les missions, la légitimité de chacun

Côté parents, il existe un principe clair dans le droit français : les parents d’élèves sont membres à part entière de la communauté éducative, et leur participation à la vie scolaire est organisée, notamment à travers leurs représentants.

Dans les écoles et établissements scolaires, les représentants des parents ont, entre autres, un rôle de facilitation des relations et peuvent intervenir pour évoquer un problème particulier et jouer une médiation à la demande des parents concernés.

Dans l’enseignement catholique, l’APEL occupe une place spécifique : c’est l’association représentative des parents de l’enseignement privé au niveau national (et elle est représentée au Conseil supérieur de l’éducation pour ce secteur).


Au niveau de l’établissement, l’APEL n’est pas seulement une “association qui organise la kermesse” : elle est un organe de représentation et de lien. La description des responsabilités du président d’APEL d’établissement insiste précisément sur cette double représentation : interne (chef d’établissement, conseil d’établissement, OGEC) et externe (réseaux APEL, partenaires, etc.).

Côté chef d’établissement
, on est sur une fonction de responsabilité globale : conduite éducative, pédagogique, pastorale et administrative. La documentation institutionnelle de l’enseignement catholique rappelle que cette fonction se comprend dans ses relations avec les membres de la communauté éducative, dont les parents, et dans l’articulation avec les organes de gouvernance.

Et l’APEL elle-même présente le chef d’établissement comme porteur d’une mission large et structurante.

Conclusion de ce premier point : la relation chef d’établissement - APEL ne se construit pas sur un rapport de force, mais sur une complémentarité de légitimités. Le chef d’établissement a une responsabilité de pilotage éducatif et de cohésion. L’APEL a une responsabilité de représentation des parents, d’animation du lien, et de contribution à un climat de confiance.

Clarifier “qui fait quoi” : la meilleure prévention des tensions

Beaucoup de crispations naissent de confusions très pratiques. Une APEL “débordante” n’est pas forcément envahissante : elle cherche souvent à être utile, mais sans cadre explicite. À l’inverse, un chef d’établissement “sur la réserve” n’est pas forcément fermé : il tente parfois de protéger la cohérence interne, mais sans expliciter sa méthode.

Voici les confusions les plus fréquentes, et la manière de les traiter.

Confusion n°1 : l’APEL devient un “service réclamations”
Les représentants des parents peuvent relayer, faciliter, parfois apaiser. Mais ils ne remplacent pas les canaux éducatifs et hiérarchiques. Le cadre juridique parle de facilitation des relations et de médiation à la demande des parents concernés : cela suppose une posture de lien, pas de jugement ou de décision à la place de l’établissement.
Ce qui aide : des circuits clairs de traitement (qui contacter, dans quels délais, à quel niveau), présentés dès la rentrée.

Confusion n°2 : l’APEL “pilote” des choix pédagogiques
Dans les instances, les représentants ont un rôle, mais ce rôle est balisé. Par exemple, dans le public, le conseil d’administration adopte budget et règlement intérieur, délibère, donne des avis sur certains sujets. Cela rappelle un principe : il y a des espaces de consultation et de décision, et ils ne sont pas interchangeables.
Dans le privé sous contrat, les formes exactes varient, mais l’esprit reste valable : l’APEL contribue au dialogue et à la confiance ; elle n’est pas l’autorité pédagogique.

Confusion n°3 : l’APEL est confondue avec l’OGEC (ou inversement)
Dans beaucoup d’établissements, les parents ne distinguent pas “représentation des parents” (APEL) et “gestion” (OGEC). Et quand ce n’est pas distingué, la moindre difficulté matérielle (travaux, frais, sécurité, restauration, etc.) se transforme en conflit relationnel. D’où l’intérêt d’une communication très simple : “qui répond à quoi, et au nom de quoi”.

Le principe d’or : si une demande porte sur la vie des familles et la représentation, l’APEL est un relais. Si elle porte sur la décision éducative, c’est l’établissement. Si elle porte sur la gestion, c’est l’organe de gestion. Et le chef d’établissement joue un rôle de cohérence, en évitant que ces sujets se mélangent dans des échanges émotionnels.

Installer une méthode : la “Charte éducative de confiance” comme outil vivant

Un excellent point d’appui, très concret, est la Charte éducative de confiance proposée dans l’enseignement catholique, avec un mode d’emploi et des supports d’animation. L’APEL présente cette charte comme un outil pour rendre visible la collaboration entre école et familles, au service de la croissance des jeunes.

Le piège serait d’en faire un document de plus, signé et oublié. L’intérêt est de s’en servir comme d’un “cadre de discussion” et d’un “référentiel de postures”. Concrètement, cela peut se décliner en trois temps.

Premier temps : un lancement commun en début d’année

Un moment simple, d’une heure, chef d’établissement + bureau APEL + quelques représentants (selon taille). Objectif : se mettre d’accord sur 5 à 7 principes de fonctionnement (communication, confidentialité, circuits de résolution, place des réseaux sociaux, gestion des tensions, calendrier).

Deuxième temps : une déclinaison opérationnelle

Par exemple, décider ensemble :
- le rythme des rencontres formelles chef d’établissement / président APEL (mensuel ou bimestriel)
- un canal unique pour les sujets sensibles (éviter les chaînes WhatsApp qui enflamment)
- une règle de “pas de décision à chaud” : on accuse réception, on analyse, on répond dans un délai annoncé
- une règle de “parole juste” : on s’interdit les rumeurs, on s’en tient aux faits vérifiés.

Troisième temps : un bilan de mi-année et un bilan de fin d’année

On relit 3 questions : qu’est-ce qui a fluidifié la relation ? qu’est-ce qui l’a fragilisée ? quelles règles ajuste-t-on ?
Ce type de rituel change tout, parce qu’il transforme la relation en partenariat gouverné, plutôt qu’en suite d’incidents.

Créer des “zones de coopération” où l’APEL est pleinement à sa place

Pour que l’APEL ne se réduise pas à “l’événementiel” ou au “mécontentement”, il faut lui offrir des espaces où elle apporte naturellement sa valeur. Voici des zones de coopération très efficaces.

A) L’accueil et l’intégration des familles

C’est une mission où l’APEL est très légitime : faciliter le lien, aider à comprendre la culture de l’établissement, créer de l’appartenance. Les textes officiels insistent sur l’information et la participation des parents à la vie scolaire : l’APEL peut être un acteur majeur de cette qualité d’accueil.
Exemples : café des nouveaux parents, kit d’accueil, parrainage de familles, permanence “questions pratiques”.

B) La représentation et la remontée structurée

Le parent correspondant de classe, tel que décrit par l’APEL, est porte-parole, lien, médiateur.

À condition que ce rôle soit cadré : ce n’est pas un “délégué syndical”, c’est un passeur de questions, qui aide à formuler et à canaliser.

C) La coéducation sur des sujets transversaux

Certains sujets gagnent à être traités en coéducation : usage des écrans, sommeil, harcèlement, orientation, gestion du stress. L’APEL a d’ailleurs des contenus sur l’orientation et des dispositifs où elle est associée à des commissions d’appel dans l’enseignement catholique.

L’APEL peut organiser une conférence, relayer des ressources, faire venir des intervenants, tout en laissant l’établissement décider du cadre éducatif et des priorités.

D) Le climat scolaire et la prévention des tensions

Un point clé : l’APEL peut être une alliée précieuse pour “désamorcer” avant que cela n’explose, parce qu’elle entend des signaux faibles. Mais cela demande une règle : l’APEL apporte des signaux, pas des conclusions. Elle alerte, elle ne tranche pas.

Gérer les sujets difficiles sans abîmer la relation : une discipline commune

Même dans les meilleures alliances, il y a des moments délicats : conflit parent/enseignant, sanction, orientation, incompréhension, rumeur, incident. La solidité se joue là.

Voici une discipline simple, qui protège tout le monde.

Étape 1 : distinguer le collectif de l’individuel

Un sujet individuel (une note, une sanction, un conflit personnel) se traite dans un cadre individuel, avec les personnes concernées. Les représentants peuvent faciliter, mais ne doivent pas devenir tribunal. Le cadre sur les représentants de parents évoque bien une facilitation et une médiation “à la demande” : c’est une logique d’apaisement, pas de confrontation.

Étape 2 : sécuriser la communication

On annonce un délai de réponse, on explique le circuit, on évite les échanges fragmentés sur messageries instantanées. Une phrase très efficace côté chef d’établissement : “Je prends le sujet au sérieux. Pour être juste, j’ai besoin de vérifier les faits. Je reviens vers vous à telle date.”

Côté APEL : “Nous avons bien reçu. Nous vous invitons à suivre le circuit prévu et nous restons disponibles pour faciliter le lien.”

Étape 3 : protéger les personnes


Le chef d’établissement protège l’équipe (sans corporatisme) et protège les familles (sans démagogie). L’APEL protège les parents (sans amplifier) et protège l’école (sans minimiser). Cette symétrie est la clé.

Étape 4 : revenir au projet


Quand c’est tendu, revenir au projet éducatif et à la charte : “Quel est notre bien commun ici ? Qu’est-ce qui sert réellement l’enfant ?”

Un “contrat relationnel” simple, prêt à l’emploi

Pour rendre tout cela très concret, beaucoup d’établissements gagnent à se donner un mini-contrat relationnel chef d’établissement - APEL, sur une page, relu en début d’année. Je te propose une version type, à adapter.
  • Une rencontre de coordination régulière (par exemple toutes les 6 semaines) entre chef d’établissement et président APEL.
  • Un ordre du jour partagé : points d’information, signaux faibles, projets communs, questions des familles (formulées).
  • Un principe de confidentialité : ce qui touche aux personnes reste dans un cadre protégé.
  • Un principe de circuit : toute réclamation individuelle suit d’abord le circuit éducatif ; l’APEL facilite si besoin.
  • Un principe de communication : un canal officiel pour les informations APEL, aligné sur la communication de l’établissement.
  • Un principe d’exemplarité : pas de rumeur, pas de mise en cause sur les réseaux sociaux, pas de “copie” massive de messages émotionnels.
  • Deux bilans annuels : mi-année et fin d’année.
  • Cela paraît simple, mais c’est exactement ce qui évite 80 % des malentendus.
  • Le point le plus fin : la “juste place” n’est pas une frontière froide, c’est une confiance mature
  • Dire “chacun à sa place” peut sonner comme une mise à distance. En réalité, dans une alliance éducative, la juste place est chaleureuse. Elle permet l’engagement, tout en évitant l’empiètement.

Concrètement :

- Le chef d’établissement ne délègue pas son autorité éducative ; il partage de l’information et il construit de la confiance.
- L’APEL ne cherche pas à décider à la place ; elle représente, elle relie, elle soutient, elle propose.
- Ensemble, ils donnent un visage cohérent à l’établissement : cohérence de parole, cohérence de posture, cohérence de priorités.

Et c’est précisément cette cohérence qui sécurise les familles. Quand les parents sentent que l’établissement et leur association se parlent vraiment, sans se contredire ni se “renvoyer la balle”, la confiance monte. Et quand la confiance monte, l’énergie se libère : on cesse de gérer des frictions, et on peut se concentrer sur l’essentiel, la croissance des élèves.

Bibliographie (sources et références)

  • Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (APEL). Mettre en place la Charte éducative de confiance (page ressource). Apel+1
  • Secrétariat général de l’Enseignement catholique. La Charte éducative de confiance (présentation). Enseignement Catholique+1
  • Secrétariat général de l’Enseignement catholique. Relations école-familles : “Au nom de l’alliance éducative” (page thématique). Enseignement Catholique
  • Secrétariat général de l’Enseignement catholique. Approfondir l’alliance éducative (article). Enseignement Catholique
  • APEL. Le chef d’établissement (présentation du rôle). Apel
  • APEL. L’organisme de gestion (OGEC) (présentation). Apel
  • APEL. Le parent correspondant de classe (rôle et missions). Apel+1
  • APEL. Accueillir et former les parents correspondants (mise en place, formation, animation). Apel+1
  • Légifrance. Code de l’éducation : dispositions relatives aux représentants des parents d’élèves (facilitation des relations, médiation). Légifrance
  • Ministère de l’Éducation nationale (France). Les représentants des parents d’élèves (page d’information institutionnelle). Ministère de l'Éducation nationale
  • Service-public.fr. Représentants de parents d’élèves à l’école primaire : conditions et cadre (page d’information administrative). Service Public
  • Secrétariat général de l’Enseignement catholique. Textes statutaires de l’Enseignement catholique (page portail). Enseignement Catholique+1

14 janv. 2026

Grandir en présence de Dieu – Pastorale [235]

Comment préparer une année de pastorale sans s’épuiser, sans improviser, et sans perdre le sens ?


Dans cet épisode très personnel, enregistré en décembre 2025, François Jourdain ouvre les coulisses d’un projet longtemps resté en veille : Grandir en présence de Dieu.
Né de ces heures passées, chaque mois de juin ou de juillet, à tenter de structurer une année pastorale cohérente, ce projet prend aujourd’hui la forme de deux livres en cours d’écriture aux Éditions du Signe : l’un pour la maternelle, l’autre pour l’école élémentaire, accompagnés de fascicules pensés pour les enfants.

Entre récit d’auteur, regard d’enseignant et expérience de chef d’établissement, cet épisode raconte comment une intuition ancienne est revenue à la vie en rangeant une bibliothèque, comment un éditeur a répondu présent avant même la première ligne écrite, et comment s’élabore une pastorale scolaire à la fois simple, structurée et profondément incarnée.

Au micro, il est question :
- de la difficulté bien réelle à préparer une année de pastorale dans les écoles,

- de la nécessité de penser des cycles sur plusieurs années,

- de la différence entre éveil à la foi en maternelle et accompagnement spirituel en élémentaire,

- de la règle des 3 S : Sens, Simplicité, Soin,

- et de cette conviction centrale : célébrer à l’école, ce n’est pas ajouter du religieux, mais apprendre à reconnaître Dieu dans le quotidien.

Un épisode pour les chefs d’établissement, les enseignants, les responsables pastoraux et tous ceux qui cherchent à faire vivre la foi à l’école avec justesse, cohérence et confiance.

Un temps de respiration, de discernement et d’inspiration, au cœur même du réel des équipes éducatives.

Merci à Le Signe Editions pour leur accompagnement

5 janv. 2026

30 jours pour passer d’un leadership subi à un leadership structuré

Un guide jour par jour, avec objectifs ciblés, outils opérationnels et questions réflexives
Photo montrant des mains ouvertes tenant un groupe de silhouettes humaines colorées en papier, formant un cercle solidaire. L’image évoque le leadership éducatif, la responsabilité collective et le pilotage humain au sein de l’enseignement catholique.  Si tu veux une version un peu plus incarnée, plus éditoriale :  Des mains portent plusieurs silhouettes humaines colorées, symbolisant un leadership partagé, attentif et structuré au service de la communauté éducative dans l’enseignement catholique.  Ou encore une version très sobre, strictement descriptive (idéale accessibilité) :  Mains tenant des figurines humaines colorées disposées en cercle, représentant la coopération, le leadership et le travail collectif.

Avant de commencer, un point d’ancrage utile : en France, le chef d’établissement a une responsabilité de fonctionnement et de pilotage dans un cadre réglementaire précis (autorité sur les personnels, exécution des délibérations du conseil d’administration, conduite de la politique de l’établissement, etc.). Savoir “où est la règle” libère énormément d’énergie mentale : on sort des débats d’opinion, on gagne en calme, et on peut consacrer le meilleur de soi au pilotage pédagogique, éducatif et humain.

Dans le même esprit, le pilotage pédagogique n’est pas une posture vague : il s’appuie sur un diagnostic partagé, des instances (dont le conseil pédagogique, présidé par le chef d’établissement), des outils, et une cohérence d’ensemble au service de la réussite des élèves.

Ce programme “30 jours” a un but simple : vous faire passer d’un leadership “au fil de l’eau” à un leadership structuré, lisible et durable. Chaque jour, vous faites une action courte et concrète, vous posez une trace (un document, une note, un rituel), et vous terminez par une question réflexive. L’idée n’est pas de travailler plus, mais d’installer des routines qui vous font travailler mieux, avec une équipe plus alignée.

Comment l’utiliser ?

  • Bloquez 20 à 30 minutes par jour (idéalement en début de journée, ou juste avant de partir).
  • Tenez un “carnet de pilotage” : un simple document où vous collez vos décisions, constats, actions et prochaines étapes.
  • Si une journée saute, pas de culpabilité : reprenez au jour suivant.

Semaine 1 : clarifier, cadrer, rendre lisible

Jour 1 - Votre cap en une phrase
Objectif : formuler un cap simple, compréhensible par tous.
Outil : “phrase boussole” (ex. : “Réussite des élèves + climat de confiance + exigence bienveillante”).
Question : si je ne devais être jugé que sur une chose dans 6 mois, laquelle ?

Jour 2 - Cartographier vos responsabilités et marges de manœuvre
Objectif : distinguer ce qui relève du réglementaire, du négociable, du déléguable.
Outil : tableau 3 colonnes “obligatoire / à arbitrer / à déléguer”.
Repère : s’appuyer sur le cadre du chef d’établissement évite la dispersion.
Question : qu’est-ce que je porte par habitude alors que je pourrais déléguer ?

Jour 3 - Diagnostiquer l’état réel de l’établissement (version courte)
Objectif : établir 10 constats factuels (pas d’interprétation).
Outil : “diagnostic express” : résultats, absences, incidents, turn-over, projets en cours, relations familles, climat interne.
Question : quels 2 constats, s’ils s’améliorent, entraînent le reste ?

Jour 4 - Vos 3 priorités non négociables du trimestre
Objectif : choisir 3 priorités maximum.
Outil : matrice impact/effort + validation avec l’équipe de direction.
Question : qu’est-ce que je dois accepter de ne pas faire pour réussir ces 3 priorités ?

Jour 5 - Installer un rituel de pilotage hebdomadaire
Objectif : une réunion courte, toujours au même format.
Outil : “Réunion 30 minutes” : 10 min indicateurs, 10 min décisions, 10 min points humains/risques.
Question : mon équipe ressort-elle avec des décisions claires et des responsables identifiés ?

Jour 6 - Clarifier vos canaux de communication
Objectif : réduire les messages inutiles, sécuriser l’info.
Outil : charte interne : “urgent / important / info”, délais de réponse, canal unique pour telle catégorie.
Question : combien de tensions viennent d’un flou de communication plutôt que du fond ?

Jour 7 - Votre présence terrain (plan de déambulation)
Objectif : être vu là où ça compte, sans être intrusif.
Outil : planning de “tournées” (couloirs, vie scolaire, demi-pension, accueil).
Question : où ma présence change vraiment l’ambiance ?

Semaine 2 : construire l’équipe, distribuer le leadership

Les recherches internationales sur le leadership scolaire insistent sur deux leviers : le leadership pédagogique (centré apprentissages) et le leadership distribué (responsabilités partagées, équipes engagées). Ce n’est pas un slogan : c’est une manière d’organiser le travail pour que l’établissement tienne dans la durée.

Jour 8 - Cartographier vos relais (formels et informels)
Objectif : repérer qui influence, qui rassure, qui entraîne.
Outil : carte des acteurs (direction, enseignants, vie scolaire, OGEC/collectivité, parents).
Question : qui dois-je associer plus tôt pour éviter des résistances tardives ?

Jour 9 - Définir les rôles et zones d’autonomie de l’équipe de direction
Objectif : arrêter le “tout remonte au chef”.
Outil : fiche “qui décide quoi” + seuils (ex. : incidents, budget, communication externe).
Question : où suis-je devenu goulot d’étranglement ?

Jour 10 - Lancer un “contrat d’équipe”
Objectif : expliciter les règles relationnelles et le niveau d’exigence.
Outil : 6 règles simples (ponctualité, désaccord loyal, confidentialité, décisions appliquées, etc.).
Question : quelle règle, si elle était respectée, ferait gagner 30% de sérénité ?

Jour 11 - Votre plan d’écoute (5 entretiens ciblés)
Objectif : écouter avant d’arbitrer.
Outil : 5 entretiens de 20 min (un enseignant, un AED/CPE, un personnel OGEC/administratif, un parent élu, un élève délégué).
Question : qu’ai-je appris qui contredit mes hypothèses ?

Jour 12 - Sécuriser les instances pédagogiques
Objectif : faire du conseil pédagogique un levier, pas une formalité.
Outil : ordre du jour court, décisions tracées, lien explicite avec projet d’établissement.
Repère : le conseil pédagogique est une instance structurante, présidée par le chef d’établissement, au service de la concertation et de la préparation de la partie pédagogique du projet.
Question : est-ce que cette instance produit des décisions, ou seulement des échanges ?

Jour 13 - Déléguer un dossier important (vraiment)
Objectif : faire grandir un responsable et libérer votre charge.
Outil : délégation en 4 points : mission, moyens, limites, point d’étape.
Question : ai-je délégué une tâche… ou une responsabilité ?

Jour 14 - Mettre en place un tableau de bord humain
Objectif : prévenir l’usure, repérer les signaux faibles.
Outil : 10 noms / 3 indicateurs (énergie, irritabilité, isolement) + action de soutien possible.
Question : qui risque de décrocher si je ne fais rien dans les 15 jours ?

Semaine 3 : piloter la pédagogie et la réussite des élèves

Jour 15 - Écrire votre “politique pédagogique” en une page
Objectif : rendre lisible ce que l’établissement veut obtenir.
Outil : 1 page : priorités d’apprentissage, principes d’évaluation, accompagnement, différenciation.
Repère : le pilotage pédagogique s’appuie sur diagnostic partagé et donne du sens à l’action de chacun.
Question : un nouveau collègue comprend-il “comment on travaille ici” en 5 minutes ?

Jour 16 - Choisir 3 indicateurs élèves (pas 15)
Objectif : suivre ce qui compte, sans noyade.
Outil : 3 indicateurs simples (maîtrise compétences clés, absentéisme, incidents/climat).
Question : quels indicateurs éclairent une action, plutôt qu’un reporting ?

Jour 17 - Lancer une revue de pratiques (format léger)
Objectif : passer de “chacun sa classe” à “on progresse ensemble”.
Outil : “45 minutes” : une situation, une réussite, une difficulté, 2 idées à tester.
Question : qu’est-ce que je valorise réellement : la conformité ou l’amélioration continue ?

Jour 18 - Sécuriser l’évaluation et ses usages
Objectif : harmoniser sans rigidifier.
Outil : repères communs, calendrier, communication aux familles.
Question : nos évaluations aident-elles à faire apprendre… ou seulement à classer ?

Jour 19 - Clarifier le traitement des situations complexes
Objectif : réduire l’incertitude et protéger l’équipe.
Outil : protocole “signalement - analyse - décision - suivi” + traçabilité.
Question : dans quelles situations l’équipe se sent-elle “seule” aujourd’hui ?

Jour 20 - Faire un point “temps scolaire et organisation”
Objectif : aligner emplois du temps, dispositifs, priorités.
Outil : carte des dispositifs, heures, objectifs, responsables.
Question : quelles ressources ne servent plus vraiment les priorités actuelles ?

Jour 21 - Préparer une séquence de communication familles
Objectif : éviter la communication défensive.
Outil : message en 3 parties : intention, faits, comment contribuer.
Question : que puis-je dire aux familles qui crée de l’alliance plutôt que de la crispation ?

Semaine 4 : consolider, sécuriser, durer

Jour 22 - Revoir vos routines de décision
Objectif : décider plus vite, avec moins de fatigue.
Outil : règle “48 heures” : petite décision rapide, grande décision instruite avec calendrier.
Question : où la lenteur vient-elle d’un manque de critères ?

Jour 23 - Mettre à plat vos urgences récurrentes
Objectif : traiter les causes, pas seulement les symptômes.
Outil : liste des 10 urgences les plus fréquentes + cause racine + action préventive.
Question : quelle urgence est en réalité un problème d’organisation non réglé ?

Jour 24 - Sécuriser la conformité et la traçabilité minimale
Objectif : être tranquille juridiquement, sans bureaucratie excessive.
Outil : “dossier décision” : contexte, éléments, décision, info aux instances.
Repère : le chef d’établissement rend compte et agit dans un cadre d’actes et d’instances.
Question : qu’est-ce qui mérite une trace écrite, et qu’est-ce qui n’en mérite pas ?

Jour 25 - Mettre en place une “culture de reconnaissance”
Objectif : augmenter l’énergie collective sans artifices.
Outil : 3 remerciements précis par semaine (faits observables, impact).
Question : qu’est-ce que l’équipe fait de bien… que je considère comme “normal” et que je ne nomme jamais ?

Jour 26 - Préparer un plan de gestion des tensions
Objectif : éviter l’escalade, protéger la relation.
Outil : script de recadrage : faits, ressenti, règle, attente, suite.
Question : suis-je plus à l’aise dans la stratégie… ou dans les conversations difficiles ?

Jour 27 - Revoir l’articulation avec les partenaires (collectivité/OGEC, autorités, réseau)
Objectif : clarifier attentes et circuits.
Outil : rendez-vous cadré + relevé de décisions.
Question : quels partenariats sont “subis” alors qu’ils pourraient devenir des leviers ?

Jour 28 - Installer votre système anti-surcharge
Objectif : durer sans s’abîmer.
Outil : “stop list” (ce que vous cessez), créneaux protégés, règle de non-disponibilité.
Question : qu’est-ce qui me coûte beaucoup pour peu de valeur ajoutée ?

Jour 29 - Préparer une mini-feuille de route à 90 jours
Objectif : rendre votre leadership visible et mesurable.
Outil : 3 objectifs, 3 indicateurs, 3 chantiers, 3 risques, 3 actions de soutien équipe.
Question : si je dois présenter cela à l’équipe demain, est-ce clair et motivant ?

Jour 30 - Faire le bilan et ritualiser la suite
Objectif : transformer l’essai en habitudes.
Outil : bilan en 1 page : ce qui a changé, ce qui reste fragile, prochaines décisions, rituels fixés.
Question : quel rituel hebdomadaire et quel rituel mensuel je m’engage à ne plus jamais supprimer ?

Ce que vous obtenez au bout de 30 jours

Vous aurez posé : un cap lisible, des priorités limitées, une organisation de décision plus fluide, une équipe responsabilisée, un pilotage pédagogique outillé, et une communication plus apaisée. Et surtout, vous aurez construit un leadership qui ne dépend pas uniquement de votre énergie du moment, mais d’un système. C’est exactement l’esprit du leadership distribué et du pilotage au service des apprentissages : une structure qui permet à chacun d’agir, avec cohérence et continuité.

31 déc. 2025

Fin d’année, début d’année : l’art de passer du bilan à la vision [Inspiration] - 234

Le 31 décembre 2025 n’est pas qu’une date...

Illustration du podcast Leaders dans l’Enseignement catholique : un sapin de Noël décoré, symbole du passage du bilan de fin d’année à une vision pour l’avenir, épisode 234.

c’est l’opportunité de clore la fin d’année avec gratitude et de lancer le début d’année avec des vœux inspirants qui motivent vos équipes et donnent du sens à votre mission éducative. Dans cet épisode, je partage des conseils concrets, des exemples vivants et des clés pratiques pour transformer ce passage en véritable tremplin éducatif.